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Devoir de mémoire : 15 septembre 2011, condamnation de Kpatcha Gnassingbé à 20 ans de prison

 

 

Le jeudi 15 septembre 2011, après une semaine de procès, la Cour suprême du Togo condamne Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du président de la République du Togo, dans une affaire d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, à vingt (20) ans de réclusion, à la déchéance civique et à la confiscation générale.

Le procès qui a marqué la justice togolaise

Dans le box des accusés, outre le demi-frère du chef de l’État, figuraient 32 autres personnalités civiles et militaires, dont le général à la retraite Assani Tidjani, ancien chef d’état-major des Forces armées togolaises et ex-ministre de la Défense, ainsi qu’un autre demi-frère du président, Essolizam Gnassingbé.

« Les faits sont établis contre lui », avait annoncé le président de la Cour suprême du Togo, Abalo Pétchélébia, au sujet de Kpatcha Gnassingbé, ancien ministre de la Défense, surnommé « vice-président », alors âgé de 41 ans. « Il y a lieu de le déclarer coupable de crime de complot contre la sûreté de l’État. La Cour le condamne à vingt ans de prison et prononce contre lui la déchéance civique », avait poursuivi le haut magistrat.

Le demi-frère du président Faure Gnassingbé, Kpatcha Gnassingbé, avait ainsi été condamné à 20 ans de prison pour avoir fomenté un coup d’État en 2009 contre son frère. Les 32 inculpés dans le cadre du procès avaient, quant à eux, écopé de peines allant de 12 mois à 20 ans de détention. La même peine avait été prononcée contre trois autres personnes, parmi lesquelles le général Assani Tidjani.

L’image phare de ce procès, qui restera dans la mémoire collective des Togolais, est celle de Kpatcha Gnassingbé arrivant au tribunal, menottes aux poignets. C’était une scène particulièrement marquante.

Autre fait marquant de ce procès : la demande de pardon au peuple togolais formulée par Kpatcha Gnassingbé dans l’esprit de la réconciliation nationale. Cette demande était-elle sincère ? Les Togolais étaient-ils prêts à l’accepter, surtout lorsqu’elle émanait d’une personne soupçonnée d’être l’un des principaux instigateurs des violences postélectorales d’avril 2005 ? La question reste entière.

Il faut également rappeler qu’au soir du 5 février 2005, lorsque le quarteron de hauts officiers de l’armée togolaise transmettait le pouvoir à Faure Gnassingbé à la suite du décès du président Gnassingbé Eyadéma, Kpatcha était à ses côtés. C’est notamment dans ce contexte que lui avait été attribué le surnom de « vice-président ».

Rock Gnassingbé, l’autre fils du général Eyadéma, déclarera au cours de ce procès que Kpatcha était à l’initiative de l’allégeance des Forces armées togolaises (FAT) aux fils d’Eyadéma, au soir du 5 février 2005, après la mort de l’ancien président.

Depuis sa condamnation, des instances internationales, ainsi que la Cour de justice de la CEDEAO, ont demandé la remise en liberté des personnes condamnées dans le cadre de ce procès, mais rien n’a été fait.

Même la maladie, qui l’a contraint à passer plus de huit mois au pavillon militaire du CHU, ainsi qu’une évacuation sanitaire au Gabon, n’ont pas conduit à son élargissement. Son demi-frère, le président Faure Gnassingbé, a refusé sa remise en liberté. Ce ne sont pas non plus les demandes de grâce présidentielle introduites à plusieurs reprises par l’intéressé et ses avocats qui ont fait changer d’avis le président Faure Gnassingbé.

Ce qui est paradoxal dans cette affaire, c’est qu’au moment où le président Faure Gnassingbé maintient son demi-frère en détention depuis plusieurs années, il offre, en juillet 2022, ses bons offices pour contribuer à la libération des 46 militaires ivoiriens détenus au Mali et accusés de tentative de déstabilisation des institutions maliennes, des accusations qui présentent certaines similitudes avec celles portées contre son frère.

Une affaire toujours entourée de zones d’ombre

Notons que les circonstances de la tentative de coup d’État restent encore entourées de zones d’ombre. On sait seulement, selon les révélations faites à l’époque, qu’une tentative de renversement du pouvoir avait été déjouée en avril 2009, alors que le président Faure Gnassingbé s’apprêtait à se rendre en Chine.

Dans la nuit du 12 au 13 avril 2009, un raid des forces de l’ordre avait été mené contre le domicile de Kpatcha Gnassingbé à Lomé. Deux jours plus tard, le 15 avril 2009, il avait été arrêté devant l’ambassade des États-Unis, où il tentait de trouver refuge.

 

…Parce que un peuple sans histoire est un monde sans âme.

 

 

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Albert Akouété AGBEKO

 

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  1. […] Lire aussi : Il y a 11 ans le procès de Kpatcha Gnassingbé […]

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